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Voilà un film fascinant! John Woo retrouve ici ses premières amours, et balance un wu xia pian démesuré, délirant, imprévisible... Soit une fresque historique (l'action se situe en 208 après J-C) narrant une saga guerrière trépidante, adaptée d'un classique la littérature chinoise, évoquant le déchirement du royaume. Totalement halluciné et hallucinant, Woo démultiplie ses obsessions narratives et picturales. L'évocation des sentiments (fratrie, amour, lâcheté, etc.) explose tout autant que les sanguinolents combats, les métaphores et autres stases artistiques (permettant de souffler un instant) se posent de manière nonchalante, et les chorégraphies de combat font penser au cinéma HK en costume des années '90 ('Il était une fois en Chine', 'Swordsman', 'Moon Warriors', 'New Dragon Gate Inn' ...), abusant des câbles. Plus barré que Yimou Zhang, moins grand public qu'un 'Tigre et Dragon', ce retour au bercail géographique et cinématographique (souvenez-vous de 'Princess Chang Ping') de John Woo possède tellement de qualités, de folie, d'outrance, que le spectateur lui pardonnera ses défauts... Dont une involontaire déstructuration narrative, des sous-entendus difficiles à appréhender par un non sinophile (ce qui prouve que Woo voulait s'adresser à ses compatriotes avant tout), et un montage un peu à la serpe. Des éléments dus au fait que cette édition (occidentale) des 'Trois royaumes' compacte en réalité en deux heure et demie deux film (sortis respectivement en 2008 et 2009), soit quatre heures de métrage à la base. (Gauthier Keyaerts)
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