C'est finalement plus une série de hasards, que de gestes volontaires, qui font que cette année, le petit papa noël revêt pour moi des atours plutôt séduisants... Soit une voix de gigantesque dinosaure, hurlant l'agonie de sa fratrie lors d'un inéluctable Armageddon. Des allures de goule bossue, se nourrissant du sang d'insectes grouillant dans les méandres de ses synapses, et dictant aux masses l'art de polka éthyliques profanant les esprits sains. Et enfin, des mélopées hantées, violant nos consciences à l'aide de l'abjecte, mais divine hybridation entre Burroughs, Bukowski, Jim Rose, voire Screamin' Jay Hawkins. Voici le retour de Tom Waits, l'infra-terrestre ultime, le troglodyte absolu, narrant des contes issus d'âges trop éloignés pour ne pas évoquer le flou, et les légendes apocryphes, donc menteuses. De la pure balle, 'Glitter and Doom', témoignage d'une tournée fulgurante et sold-out, ravira les plus exigeants. Le son gratte parfois comme de la rocaille sous les fesses, ou évoque une brise volée aux espaces du Montana cintré de Brautigan. Les pièces de choix se succèdent, évoquant la tempête, la nostalgie, le feu, et la glace au fond d'un verre d'alcool douteux. Un superbe témoignage, accompagné d'un second disque, reprenant quelques histoires issues du catalogue de boniments de l'oncle Tom. |