A l'évidence, définir à chaque instant un attrait ou une aversion s'avère un exercice périlleux pour la conscience. Car pour y arriver, il faudrait passer en revue une multitude de sensations, de souvenirs, de sons, d'images, de goûts, de saveurs, de couleurs, de joie, de peines, etc. Soit une existence mise en abîme. Rien de facile. Par contre, se laisser aller à la jouissance inconsciente, profiter d'un fragment de bonheur, quel délice. Le groupe L'Ocelle Mare s'avère le parfait attiseur pour provoquer cet incendie en for intérieur. Sorte de version expérimentale d'un Bon Iver, le combo capte des petites choses fragiles, et n'en garde que l'essence. Pas de pop à l'horizon, mais tellement mieux, tellement plus d'ambition. Et surtout, une belle et vraie spontanéité. Un grand album pour celles et ceux capables d'oublier le formatage structurel. La difficulté trouve ici sa plus simple expression, et n'oublie jamais d'être captivante, avant d'être virtuose. |