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Chef d'oeuvre inachevé, 'Alone in the Dark' bouscule la structure narrative classique du jeu vidéo et multiplie les bonnes idées... en dépit de toute considération ergonomique.
1992, 'Alone in the Dark' voit le jour et le genre survival-horror avec lui. Classique instantané, le jeu réalisé par les français de Delphine Software ne parviendra malheureusement jamais à confirmer par la suite, au point de tomber dans l'oubli depuis l'hégémonie 'Resident Evil'. Mais Atari continue pourtant d'y croire, au point de décider, en 2004, d'une suite. Après 4 ans de gestation, le bébé débarque enfin. Mais bizarrement, il est prématuré. La caméra fixe ne fait que désorienter un joueur déjà accablé par la démarche robotique de son héros alors que certaines mécaniques de jeux se révèlent trop fastidieuses à effectuer dans le feu de l'action. Atari, en grande difficulté financière, n'avait sans doute pas le budget nécessaire pour peaufiner. Quoi qu'il en soit, le jeu en vaut tout de même la chandelle.
HBO Style
Surprise, Alone in the Dark new gen n'a plus grand-chose à voir avec celui de ses débuts. Si le héros, Edward Carnby, continue de faire le lien entre les générations, le gameplay s'est lui affranchi des contraintes du survival-horror pour proposer d'avantage de diversité (aventure, action, plateforme, escalade, course...). Le cadre – un New-York contemporain en proie aux forces du mal – s'y prête plutôt bien. Ed, lui, se réveille amnésique, mais pas à court d'idées. De sa veste qui lui sert d'inventaire, il peut retirer tout un tas d'objets et les associer pour en faire des armes redoutables, du genre: briquet + aérosol = lance-flamme de poche. Les possibilités ne manquent pas et cet aspect du jeu s'avère très réussi; à l'instar de la structure narrative. Autrefois inspirée d'Hitchcock, elle est ici complètement calquée sur celle des séries US. 'Alone in the Dark' se découpe en 20 épisodes, avec cliffhanger à la fin et résumé en voix-off ("previously on...") chaque fois que le spectateur, le joueur pardon, reprend sa partie. Mieux, il peut zapper certains épisodes si la séquence se révèle trop difficile. En plus de cette structure épisodique inédite, les frenchies d'Eden Studio ('Test Drive Unlimited', 'V-Rally') n'ont pas lésiné sur la mise en scène, digne de '24 heures chrono'. L'immersion dans le jeu se fait d'autant plus facilement. C'est clair, sans ses "petits" soucis d'ergonomie, ce nouveau volet aurait pu égaler le premier.
Atari
PS2 / PS3 / Xbox 360 / Wii / PC (Gunnergreg)
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